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 meet me on the road to recovery, you're the only one who recovers me.

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Date d'inscription : 09/08/2016
age : trente-et-un ans pour toujours.
emploi : ancien membre du magenmagot, il n'a plus d'emploi depuis sa mort, il y a deux ans.
race, origines : ancien sorcier de sang pur, désormais rien d'autre qu'une victime de pds.


MessageSujet: meet me on the road to recovery, you're the only one who recovers me.   Mer 10 Aoû - 1:14

If we could take some time out
Remember where we've been
The only one I know now
I can't just let you leave
I know it won't be easy
They tell me all the time
But nothing would be harder
Than knowing you're not mine

il a parlé à wood, et tout lui semble encore plus compliqué que lorsqu’il est arrivé. tout a changé. tout a changé, ils ont tous changé, et sans lui. il ne fait plus partie de leur vie. il fait partie du passé. son cœur semble battre plus fort qu’à l’ordinaire. pourtant il n’en a plus, de cœur, n’en a jamais eu. en tout cas, c’est ce qu’il a toujours aimé croire. icarus l’a fait revivre un peu malgré lui. la première fois déjà. le souvenir est toujours aussi vif dans sa mémoire. la fois où il l’a entraîné derrière une statue dans un couloir de poudlard, cette fois où leurs lèvres se sont entrechoquées pour la première fois et où son cœur a failli exploser au creux de sa poitrine. pour la première fois, il l’a senti, là dans sa cage, prisonnier de sentiments trop forts pour lui. et il a eu beau les étouffer, ils ne sont jamais vraiment partis. aujourd’hui son cœur a cessé de battre, mais il ne l’a jamais senti aussi fort dans sa poitrine. icarus, icarus. il n’a que ce nom à la bouche. il doit s’assurer qu’il va bien, au moins. qu’il n’a pas créé de dommages inutiles. tu lui as brisé le cœur malfoy. malfoy. il hait ce nom, il ne se fait plus appeler malfoy désormais. il change de nom au gré du vent, mais a bien compris qu’il lui faudrait à nouveau assumer son identité à présent qu’il est de retour dans la capitale londonienne. malfoy. le nom de son père. l’infâme instigateur. il ne regrette pas une seule seconde de l’avoir assassiné. un tisonnier enfoncé dans le cerveau, traversant l’œil autrefois vif. il referme sa veste autour de son corps gelé. il ne sent plus les températures, mais février n’est pas un mois connu pour être très doux. son écharpe nouée autour du cou, il arpente les rues londoniennes, le menton relevé, comme autrefois. personne ne le reconnait. cela fait bien trop longtemps qu’il a disparu. si on l’a déjà cherché, tous les efforts ont été abandonnés. il a pris soin de couvrir ses pas, qu’on ne le retrouve pas. mais évidemment quelqu’un l’a retrouvé. par hasard, alors qu’il vagabondait avec deux de ses compatriotes dans les rues d’un village moldu. il s’arrête devant un immense bâtiment, construit durant ses deux années de fuite. personne ne se retourne dans la rue, après tout, il a tout fait pour cacher sa véritable nature. il se demande si icarus est au courant. est-ce que wood lui a parlé ? charles lui a demandé de ne pas le faire. mais les deux amis ne sont plus si amis, après toutes ces années. il ouvre la porte, grimpe les escaliers. ni trop vite ni trop lentement. tout est mesuré, chez charles. appartement deux cent vingt et un. il toque. wood lui a donné l’adresse. vas-y dans la matinée, il est souvent absent le soir. il n’en avait pas dit plus. t’as quelqu’un ica ? se demande-t-il t’es passé à autre chose ? j’t’en veux pas tu sais ? tout ce qu’il a toujours voulu dire, ce qu’il voudrait dire, mais qui reste coincé dans sa gorge. trop fier, trop faible. cette fois il est décidé à lui dire, lui avouer tu sais ica, c’est toi qui fait battre mon cœur, c’est toi qui m’a montré ce que c’était de vivre mais lorsque la porte s’ouvre, alors que son cœur, pourtant si mort, tambourine fort dans sa cage thoracique, menaçant de s’échapper, il serre les dents, reste muet. icarus. il a changé. il a grandi. même son regard s’est durci. icarus. oh ica je suis tellement désolé. il n’a pas besoin d’en dire plus, il ne se sent pas d’en dire plus. leurs regards se croisent et, sans même réfléchir une seule seconde, charles fait un pas en avant, pose sa main à l’arrière du cou de son si cher amant et l’attire vers lui. il en a tant rêvé, de leurs retrouvailles. il est la seule raison pour laquelle il n’a pas encore perdu la raison. il écrase ses lèvres contre celles, rosée, tellement vivantes, d’icarus. il ne résiste même pas. leur baiser dure si longtemps que s’il avait eu besoin de respirer, il aurait eu le souffle coupé.

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alex/othello
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MessageSujet: Re: meet me on the road to recovery, you're the only one who recovers me.   Mer 10 Aoû - 5:13


Icarus ouvre les yeux sur le monde. Ses paupières sont douloureuses, gonflées par des larmes non-assumées. Encore une nuit sans étoile, un jour sans soleil pour lui qui reste enfermé à l'intérieur. Cela fait longtemps qu’il a laissé son enfance derrière lui, lui qui n’arrivait pas à grandir. Peter Pan des temps modernes, la disparition de sa mère l'a fait grandir. Aujourd’hui, le rouquin n’a plus la force de sourire bêtement quand on lui montre les dents. De se montrer calme et compréhensif envers ceux qui n’en valent pas la peine. Weasley a, au fil des années, tout encaissé. Perché sur les épaules bancales de sa naïveté, il a été déçu du voyage. Comme son frère l’avait prédit, en connaissant la douleur, la vraie, il est devenu un homme. Il a trop vu d’horreurs, Icarus. Le monde magique lui a brûlé les ailes. Il ne sent plus les battements de son coeur, quand il pose les yeux sur un visage familier. Sur un visage qui lui plaît. Il n’est pas sûr d’avoir encore des sentiments d'autres, pas après Charles. Il n’y a plus que sa famille qui compte, quand il a la force de les regarder en face après ce qui s’est passé -pratiquement jamais. Il se contente de les protéger à sa manière, en aidant le ministère. Les traques se sont multipliés, les rides sur son visage aussi aussi. Icarus a vingt-neuf ans, mais il semble plus âgé. La vie aura laissé sa trace sur son corps ; ses bras sont à présents forts d’une nouvelle vigueur. Une vigueur macabre. Il s’est battu contre les morts-vivants. Il s’est battu contre sa propre mère. Contre Holly, la femme qui l’a mis au monde. Ange déchu, Icarus pourrait se battre contre n’importe qui, -ou presque. Il reste incapable de soustraire Malfoy de son piédestal. Il demeure souverain ultime de ses pensées. Après cinq années de silence, il reste obsédé par le timbre hautain de sa voix, ses regards de glace et ses caresses toujours rares mais attendues. Il est allé de bras en bras dans l’espoir de trouver un jour un être à sa hauteur. Un sorcier capable de le captiver aussi bien que le faisaient les iris d’argent du blond. Mais personne n’est capable de le détrôner, pas même l’Apollon qui se glisse hors de ses draps. Il se ment, Icarus. Il ne l’aime pas. Il se demande parfois s’il a déjà aimé quiconque. Si cette passion folle qu’il ressentait pour Charles n’était pas dû au simple fait qu’il était son premier. Le premier auquel il a offert son corps. Son premier confident et son premier et unique amour. Il rit un instant à cette idée, tandis qu’Apollon se rhabille et sort sans un regard. Il est bon à ça, aux coups d’un soir. Aux promesses sans lendemain et aux désirs avortés. Il se lève à son tour et vide une bouteille qui trainait sur la table. Puis il prend un cachet. Deux cachets. Trois cachets et il se détend enfin.

Il entend la porte et peine à l’ouvrir. Il voit flou, Icarus. Il n’est déjà plus tout à fait là. Il n’a pas le temps d’entendre les excuses du revenant qui lui bondit sur les lèvres. Son esprit percute à l’odeur si particulière du sorcier, qui lui arrive à présent juste sous le menton. Le chasseur croit rêver. Un énième délire de bon matin. De quoi lui ratatiner le coeur pour la centième fois. L’illusion est pourtant si vraie, si belle. Ses mains en tremblent comme des feuilles. Il se laisse faire un instant, puis il prend à son tour les commandes. Des gestes dont le petit Icarus était jusque lors incapable. Il n’ose rien dire. Il ne veut pas briser l’instant, et il a peur que le fantôme s’en aille. Un rire nerveux s’échappe toutefois des lèvres de Weasley ; il jubile en contemplant le visage poupin de son amant. Le cadavre est presque aussi beau que son original. Icarus aimerait l’enfermer dans une cage et avaler la clé. Brusquement, il l’étreint et le pousse dans sa couche. Les draps sont dépareillés, et portent encore l’odeur de l’enfoiré qui vient de le quitter. Un insecte comparé au prince des PDS qui daigne enfin lui rendre visite. Le roux retire ses pantalons et commence les vas-et-viens. Il réalise alors que le corps de Charles est d’une froideur inhabituelle, et surtout, qu’il ne se passe rien. Reality check qui le prend de plein fouet. Icarus s’écarte, et s’écrie : ‘Ch-Charles !’ Il s’agrippe sauvagement à ses cheveux dorés, à sa peau figée par le temps, puis il s’accroche furieusement aux lèvres de Charles. Il a soudainement besoin de passer ses mains sur son corps, et de certifier sa présence. Le voilà tombé de l’astre à nouveau, dans les bras de son âme soeur. Et il y a tant de choses qu'il aimerait lui dire. ‘Je le savais. Je savais que tu reviendrai.’ Il carresse le visage de Charles avec une douceur toute masculine avant de reculer. Il n'ose rien ajouter de plus, puis tout à coup : ‘Regarde-toi... La mort te va bien.’ souffle-t-il, acide. Il y a derrière sa remarque l'amertume de cinq années passées loin de lui. Une accusation indirecte qu'il se devait de soulever. Je te hais, a-t-il envie de lui cracher au visage. Une affirmation accompagnée par mille Je t'aime, aussi. Cependant, Charles lui a appris que ces mots ne le concernent pas. Au déclin de la vingtaine, Icarus a compris la leçon. Ils sait aussi que son père n'est plus. Qu'ils partagent tous les deux une tragédie commune ; celle d'être toujours en vie dans un monde qui ne tourne pas rond. ‘Et regarde l'effet que tu me fais, après toutes ces années.’ Le terrible aveu quitte ses lèvres non sans difficulté, tandis qu'il guide sa main jusqu'à son entre-jambe. Au diable les façons. Ils ont, au goût du mortel, déjà perdu bien trop d'années. Mort ou pas, Charles reste fidèle à lui-même ; sublime.
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MessageSujet: Re: meet me on the road to recovery, you're the only one who recovers me.   Mer 10 Aoû - 14:19

il clos ses paupières et soudainement rien n’a changé. il n’est pas mort, icarus n’est pas celui qu’il est devenu. ils ont à nouveau la vingtaine, l’avenir devant eux. rien n’a changé. rien. ni le goût des lèvres, ni l’odeur de la peau, encore moins la maladresse des gestes. tout semble si identique et pourtant rien n’est plus pareil. alors il ferme les yeux et essaye d’oublier, que leurs destins se sont séparés pour peut-être ne se retrouver que durant quelques instants. wood l’a prévenu. il a changé, charles. les mots résonnent. peut-être qu’il a quelqu’un dans sa vie ? il ne le supporterait pas. il voit bien de toute manière à la façon qu’il a d’agripper ses lèvres qu’il y a toujours cette étincelle enivrante, ce lien unique qui les unit. après tout, s’il n’avait pas fui, ils seraient sans doute aucun toujours ensemble aujourd’hui. son nom est exclamé, l’ardeur reprend leur chair. je le savais. je savais que tu reviendrai. sa main se glisse sur son visage, remarquant la froideur inhabituelle de la peau d’albâtre. mais il ne sent pas le contact, aussi léger qu’une plume. depuis qu’il est revenu à la vie, il a appris à ressentir à nouveau, à éprouver à nouveau, intérieurement et physiquement. certaines sensations lui échappent toujours cependant. les frôlements, les caresses. il ne sent que le brusque, le violent, peut-être parce que lui-même n’est qu’un monstre violent incapable de douceur. i will take what’s mine in fire and blood, la devise de la famille avery dont il est l’héritier de par sa mère. l’amertume qui se glisse dans les paroles du rouquin ne lui plait pas du tout, serre son cœur si douloureusement vivant. il a envie de le prendre dans ses bras, presque de pleurer. mais il est vite guidé jusque sur le lit défait d’icarus. toujours aussi désordonné, après toutes ces années. leurs regards se croisent et se fuient, comme s’ils avaient peur des non-dits qui pourraient s’exprimer. la haine, mêlée à ce il-ne-sait-trop-quoi. ce n’est plus de l’amour à ce stade là. c’est de l’obsession, l’obsession de celui qui veut désespérément ce qu’il ne devrait pas désirer. ils ne sont pas faits l’un pour l’autre, mais finissent toujours par se retrouver.

leurs corps s’enlacent et pour la première fois, ce n’est pas charles qui guide les mouvements de son amant. ils tombent sur la couche. pour la première fois, il s’abandonne, laissant son instinct le plus primitif prendre le dessus. ça lui fait mal de l’avouer mais il a confiance. icarus a changé, pour sûr. mûri, ses épaules autrefois frêles devenues plus solides, gestes plus contrôlés. il sent au plus profond de lui qu’il peut laisser toutes ses barrières tomber. en mourant il a perdu sa capacité d’occlumens. et il se sent si nu, si vulnérable. mais pas devant icarus. a cet instant, il se sent en sécurité, vivant, plus fort que jamais. il se hait. il est devenu si faible, dépendant, mais cambré, obscène sur le matelas, il se sent adoré. leurs lèvres ne se quittent que durant de rares instants, laissant à peine à icarus le temps de respirer. il n’est pas tendre, comme s’il avait senti l’incapacité sensorielle de son amant. bien vite, les vêtements sont abandonnés au pied du lit, les laissant nus comme à leur premier jour, mais bien moins seuls. on nait seul, on meurt seul, mais rien de tout cela n’a d’importance tant que l’on vit accompagné. pas une seule fois, charles ne se retrouve en position de domination. il essaye, mais le cœur n’y est pas. aujourd’hui il a envie qu’icarus lui prouve qu’il n’est pas mort, qu’il ressent toujours, qu’il n’est pas revenu pour rien, qu’il aura toujours quelqu’un. ica put- il ne retient pas un gémissement à la limite du convenable lorsqu’il sent la bouche du rouquin parcourir sa nuque, ses épaules, descendant toujours plus bas. et la pression est toujours plus forte, partout, dans son abdomen. il ressent à nouveau. ses hanches se meuvent sans qu’il ne parvienne à les contrôler, laissant à icarus le soin de les maintenir en place, ses grandes mains le clouant au matelas dans une attitude autoritaire qui le fait gémir de plus belle. ils n’ont pas besoin de mots, c’est comme s’ils avaient senti, ce soudain changement de polarité. c’est icarus qui est nourri par la haine à présent, et charles qui a envie, non, besoin, d’avoir mal, parce que c’est la seule chose qu’il arrive à ressentir. la douleur des dents d’ica qui laissent des marques rouges sur ses cuisses écartées, immorales, la frustration de son souffle qui caresse son entrejambe sans jamais lui accorder rien d’autre qu’un regard. il finit par se redresser, assis, icarus entre ses jambes. il a tellement grandi, charles se retrouve obligé de lever les yeux pour pouvoir soutenir son regard. pupilles dilatées, dents serrées, il n’a jamais, au grand jamais, trouvé icarus aussi attirant qu’à cet instant. la haine qui brille dans ses yeux, mélangée à un sentiment de certitude lui font perdre patience. et soudainement, il en a assez, de ce jeu de frustration. charles n’a jamais été patient. il n’a jamais pris son temps. jamais, avec personne. il sent la verge d’icarus contre la sienne et il perd la tête, l’attire contre lui, et il n’a pas besoin de poser la question. son amant a bien compris ce qu’il désire. lorsque le rouquin le recouvre enfin de son corps, passant sa main entre ses cuisses, il a perdu toute raison. charles malfoy, d’ordinaire si contrôlé, toujours si froid et puissant, pour la première fois se retrouve réduit à un stade si primitif qu’il est presqu’incapable de formuler ses pensées. ica, je- t’en fais pas, je ressens pas encore la subtilité, la douceur- mais les doigts du sorciers qui parcourent toute la partie inférieure de son corps le rendent fou, l’empêchent d’exprimer. les ongles s’enfoncent dans sa peau, griffent la chair grisâtre. mais alors qu’il laisse échapper un énième gémissement, il finit par ouvrir les yeux, pour les plonger dans ceux d’icarus. tu m’en veux ? c’est le moment de te venger, ica, pour tout ce que je t’ai fait, avant et après ma mort. j’en ai besoin, autant que toi. icarus a besoin de lui faire payer, et charles a besoin de sentir, mais surtout et avant tout, d’expier ses péchés.

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alex/othello
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MessageSujet: Re: meet me on the road to recovery, you're the only one who recovers me.   Mer 10 Aoû - 21:02


Il n’y a rien à voir au fond de ses yeux inexpressifs ; il y a longtemps que Pan n’existe plus. Ses rêves, ils se sont envolés en un battement d’ailes. Son enfance lui a échappé, le jour où Charles l’a quitté. Lui le collectionneur, qui rêvait d’enfermer chacun de ses sourires dans une boîte. De barricader chacun de ses regards, et chaque instant dans le trou noir de son coeur. Il a si mal, Icarus. Il oublie presque qu’il a un jour aimé, lui aussi. Ses iris dorées se posent sur Charles, et une myriade de souvenirs lui reviennent. Les caresses échangées dans l'intimité des dortoirs des gryffondors, les baisers volés à l’ombre d’un couloir. Il se souvient de l’excitation qui colorait son âme, au temps où il se tenait aux côtés du garçon. Il se souvient des mots acides de Malfoy, quand bien même Weasley ne voyait que lui. Il se sentait prisonnier de sa chair, de son esprit encore jeune et naïf. Ressaisis-toi, Icarus. Combien de fois Charles le lui a-t-il répété. Combien de fois a-t-il essayé d’agir comme un homme près de lui ? Il s’est toujours senti comme un imbécile, un enfant auprès de sa famille. Mais dans les bras de Charles, il aspirait à être plus encore. Adolescents, il était le soleil et lui la lune. Toujours à refléter sa lumière, à le soutenir dans ses combats mondains, comme ceux plus difficiles.

Silencieux, il observe le blond approcher de lui. Il bondit sur ses lèvres et profite de son parfum. Il profite de sa présence qui lui transperce le coeur, et illumine son visage d’un éclat perdu depuis près de cinq ans. La passion profonde qu’il éprouve encore pour lui le bouleverse. Il a tant de choses à dire, tant de choses à partager avec Malfoy, qu’il ne sait pas par où commencer. Aussi, ils reprennent là où ils s’étaient arrêtés. À leur première fois, perturbée par les évènements qui arrachèrent l’ancien serpentard à sa vie. Il y a tant de choses qu’on peut exprimer avec des gestes, songe-t-il. De l’affection, mais aussi de la peine. La violence avec laquelle Icarus couche Charles sur son lit, le transporte à leur éternelle dispute. Accepte-moi tel que que je suis, crachait-il. Un combat perdu d’avance pour le rouquin. Il aura fallu l’absence de Malfoy pour qu'il se métamorphose. Et il veut lui montrer, Icarus. Qu'il ne plie plus le genoux devant les autres. Qu’il n’a plus peur de l’inconnu et qu’il montre les dents. Ces mêmes dents qui viennent mordre la chair morte de son amant. La disparition de sa mère l’aura marqué à vie, lui aura appris à se battre. La sauvagerie qui ponctue ses coups de hanche le laisse jubilatoire, mais honteux. La complexion nivéenne de Charles intime à peine son âge. C’est à son tour de mener la danse, de malmener le maccabbé qu’il aime encore plus que sa propre vie -il le sent, il le sait. Il n’a pas besoin des mots de Charles pour redoubler de brutalité. Ses joues empourprées laissent transparaitre la douleur qui lui enserre la gorge. ‘Pourquoi, Charles ?! Pourquoi ?!’ Il pense soudainement à l’existence qu’ils auraient mené s’il ne lui était pas arrivé malheur. S’il n'avait pas quitté le monde des vivants pour celui des morts. Icarus aurait-il grandi de la même manière ? Il ne compte plus les soirées passées à imaginer leurs retrouvailles, noyant sa peine dans l’alcool. S’il s’efforce de se contenir, il ne peut desserrer leur étreinte, se détacher de ses lippes assassines. Malfoy poursuit son discours. Des paroles insupportables pour l’homme qui refuse toujours de voir leur vérité en face. Charles est un fantôme du passé. Un fantôme qui remue des souvenirs douloureux, mais nécessaires. Cette conversation, Icarus l’attend depuis ses vingt quatre ans. Il tient le bassin du sang pur entre ses jambes et finit par porter une main à son visage. La claque part sans qu’il ne puisse l’arrêter, et le regard azur qui réverbère vers lui le laisse soudainement interdit. Il reprend son souffle, et s’efforce de camoufler ses yeux embués de larmes. Il s’éloigne de sa couche, et se contente de dire : ’Tu veux savoir combien j’en ai tués, des êtres de ton espèce ? Ça… ça t’excite ?’ Ses yeux ambre semblent cracher des flammes. ‘Est-ce que ça t’excite, Malfoy ?! De savoir que j’ai lancé Avada Kedavra à des gens comme toi ?’ Des gens. Malgré toute sa haine et sa colère, il ne peut s’empêcher de toujours considérer les PDS comme des êtres humains. Si on lit au fond de ses yeux, on voit encore tout l’amour que le petit garçon qu’il était portait pour lui. Il se déverse sur ses joues parsemées de tâches de rousseur, et vient mourir au coin de ses lèvres. Il dévoile les traces d'auto-mutilation sur son torse. Elles font concurrence aux marques laissées par la baguette de Monsieur Malfoy sur le corps de son rejeton. ‘Tu veux qu’on joue aux confessions ? C’est moi qui aurait dû rester figé dans mes vingt-cinq ans. Ces rêves et ces illusions dont tu te moquais, ils étaient mon bouclier contre ce putain de monde.' Une pause. L'alcool lui monte à la tête. ‘J’aurais préféré mourir à ta place, Charles.'
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MessageSujet: Re: meet me on the road to recovery, you're the only one who recovers me.   Jeu 11 Aoû - 2:27

son cœur meurtri se gonfle dans sa poitrine, alors que les mains si familières et pourtant si étrangères se crispent autour de sa taille, laissant une marque blanche derrière leur passage. icarus semble brûlant contre le marbre de sa peau, éternellement glacée. il a toujours été le plus froid des deux. pourtant il n’a jamais brûlé, pas comme aujourd’hui. il est venu reprendre ce qui lui appartient, à commencer par ica. mais la tâche semble plus ardue que prévue. c’est lui, le nouvel icare. ses ailes brûlent sous les rayons solaires de celui qui est jadis tombé pour renaître plus fort, plus dur, destructeur. tueur. icarus est devenu un tueur, wood l’a prévenu. envolée, brûlée l’innocence. il est incapable de lui répondre, bien trop perdu dans les limbes de son propre désir. pourquoi. pourquoi. la question résonne dans sa tête, se heurte sur les parois de sa boite crânienne ? pour te protéger, idiot. il se cambre. parce que je t’aime. il soupire. il n’a jamais cessé de penser à icarus. il a été sa dernière prière avant de mourir, son dernier regret, il a été son premier espoir, son premier projet à son réveil. soudain, le tirant de sa rêverie, le faisant redescendre sur terre, la main de son amant s’écrase sur sa joue. et charles ne peut s’empêcher de gémir. il se sent plus vivant que jamais sous le regard brûlant d’ordinaire si doux d’icarus. il ferme les yeux un instant, serrant les dents. puis c’est le vide, l’abandon, la chaleur du déchu s’en est allée. il se retrouve à nouveau, froid et dur, loin de sa seule source de lumière. et comme si la pilule n’était pas déjà assez dure à avaler, il faut qu’ica la lui enfonce dans la gorge. ca ne l’excite pas, ça le désole. son si beau icarus, l’innocence incarnée, la naïveté, l’amour enfantin ; il n’est plus. ce n’est pas charles qui est mort, c’est son aimé. il l’a entrainé dans la tombe avec lui, mais lui n’est pas revenu. et pourtant ce n’est pas la haine qui anime l’humain, il y a toujours, au fond de ces prunelles, cette douceur, à peine décelable, mas que charles ne connait que trop bien. c’est ce même masque qu’il a porté pendant toutes ces années. il aurait pu se laisser avoir, mais les regrets qui coulent le long des joues d’icarus le confortent. il a envie de les essuyer, de les faire disparaître de sa vue. il n’aime pas voir icarus pleurer, non, icarus rit, si fort et si magnifiquement que même le soleil en est jaloux. même lui ne brillera jamais autant que le sourire qui éclairait jadis le visage lumineux du rouquin. j’aurais préféré mourir à ta place, charles. putain. cette fois, c’est charles qui quitte le lit, rattrape le rouquin, pose sa main sur son bras, le plaque contre la porte désormais fermée. envolée la passion, le désir. cette fois c’est la haine qui refait son apparition. doux sentiment qu’il pensait avoir laissé derrière lui. son cœur se gonfle, mais pas de bonheur.

putain ica, t’as pas le droit de dire ça. son cœur se déchire en deux. c’est donc de là que vient l’expression cœur brisé ? la rage noue ses entrailles comme jamais auparavant, il a envie de secouer le garçon qu’il a tant aimé, à qui il s’est tant accroché. les larmes emplissent son regard. perles salées nées de sa rage, qu’il pensait avoir oubliée. tu sais pas ce que ça fait, d’accord ? tu sais pas ce que c’est d’être mort et encore moins ce que c’est de revenir. parle pas de ce que tu connais pas. il se jette sur sa proie, leurs bouches s’entrechoquent avec une telle violence que ses dents lui font mal l’espace d’un instant. leurs langues entament un ballet endiablé. mais il se détache, son visage à seulement quelques centimètres du sien, ses mains sur ses épaules, le maintenant bien en place, l’empêchant de s’enfuir, d’entreprendre la moindre chose. charles a changé, mais il reste un prédateur, il domine, il exige. il ne sent pas le souffle d’icarus sur sa peau, mais il l’entend. lui ne respire plus, à quoi bon faire semblant ? redis jamais ça. fait-il, menaçant. ils se mesurent du regard et soudainement il voit en icarus le frère de wood. peut-être pas par le sang, mais par le cœur. il a ce même feu au fond des yeux, cette rage de vaincre. il le défie ostentatoirement. mais charles est beaucoup plus entraîné, il a fait ça toute sa vie, et continue de le faire dans sa mort. il repense aux dernières phrases du rouquin. il est à deux doigts d’abattre son poing dans la porte de bois, à quelques centimètres du visage d’icarus. tu réalises ce que c’est d’être mort ? ça ve dire tuer des gens, des innocents. ça veut aussi dire ne plus rien ressentir. tu voudrais être à place, ica ? j’te la donne ma place parce que ça fait deux ans que j’ai pas senti les rayons du soleil, la pluie, le vent ! ca fait deux ans que la seule chose que j’arrive à sentir c’est les crucio qu’on s’inflige entre nous parce que ca nous permet de pas perdre la boule. c’est la seule chose qui me donne l’impression d’être à peu près humain. il fait une pause avant de murmurer, fixant ica droit dans les yeux, enfin, avec toi. il relâche la pression sur les épaules du jeune homme, laisse ses bras retomber le long de son corps. ica a grandi, alors charles peut bien le traiter comme un adulte. il fait volte face, attrape ses vêtements, commence à les enfiler à nouveau. il étouffe ici, il a besoin de s’éloigner, il a peur de déraper, de ne plus se contrôler. il a déjà fait assez de mal comme ça. tu crois que j'ai encore des rêves et des illusions moi? il ricane, cruel. il est désespéré, ère sans but, pour le reste de l'éternité. la prochaine fois que tu veux dire une connerie monumentale, ravise-toi. il était la seule chose qui le maintenait en vie jusqu’à présent, mais il voit bien, que ce n’est plus la peine de s’y accrocher. wood avait raison, il a changé. la douceur à laquelle il s’attendait a laissé place à une amertume dont il peut très bien se passer. il doit bien se rendre à l’évidence, celui qu’il a aimé est mort avec lui.

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